La Baie d'Hudson: la fin d'un héritage...
La Baie d’Hudson ferme ses magasins, laissant 6 survivants… pour combien de temps ?
Quelle tragédie pour la plus ancienne compagnie du Canada. Avec la disparition de La Baie, le pays se retrouve sans grande enseigne emblématique, contrairement aux États-Unis (Macy’s, Nordstrom), à l’Espagne (El Corte Inglés), à la Suisse (Globus) ou encore à l’Angleterre (Harrods).
Je me remémore les samedis matins à suivre ma maman aux Promenades St-Bruno, épluchant les aubaines des « Jours La Baie ».
Fondée en 1670, la Compagnie de la Baie d’Hudson voit le jour avec l’arrivée des Européens en terre canadienne.
Comment une entreprise de renom, en arrive-t-elle aujourd’hui à un tel déclin ? Pendant plus de trois siècles, elle s’est adaptée et métamorphosée à travers les révolutions industrielles. Pourtant, La Baie a visiblement échoué à affronter la révolution actuelle : celle du numérique.
Bien que les Canadiens soient tristes de voir cette marque disparaître, plusieurs admettent que le magasin ne répondait plus à leurs besoins et à leurs attentes.
Les raisons du déclin
L’hyper-mondialisation des biens de consommation
Encore dans les années 90 et au début des années 2000, il fallait parfois parcourir des kilomètres pour mettre la main sur certaines pièces. Le début des années 2000 marque un tournant pour le commerce de détail au Canada : de nouvelles bannières internationales comme Zara (dès 1999), Old Navy (dès 2001) et H&M (dès 2004) s’installent au pays, élargissant l’offre.
Ces enseignes, parfois plus abordables, accroissent la compétitivité pour des grands joueurs comme La Baie. De plus, l’avènement du shopping en ligne a facilité les achats à moindre coût.
Une numérisation tardive
La révolution technologique de La Baie tournait au ralenti : des caisses enregistreuses obsolètes, une implantation tardive du système de paiement PayPass et une expérience de shopping en ligne désastreuse. L’application mobile changeait constamment, et le programme de points, Primes HBC, n’était pas réellement avantageux.
Le pouvoir d’achat des jeunes générations
Les générations précédentes profitaient largement des « Jours La Baie » pour obtenir des rabais intéressants sur les vêtements, la décoration intérieure, les électroménagers et la literie. Au fil du temps, ces périodes d’aubaines instantanées se sont évaporées, laissant place au plein prix et aux concurrents.
Une consommation plus responsable, plus ciblée
Nos sociétés actuelles privilégient d’autres modes de consommation et sont plus sensible à leur dollar. On opte pour un shopping dans de plus petites surfaces, on cible davantage les biens que l’on recherche. Les sites en ligne comme Amazon, Facebook Marketplace se sont positionnés comme premier lieu d’achat pour dénicher les bonnes affaires. Ces comportements contribuent ainsi à l’économie de partage dans laquelle nous vivons.
Et maintenant ?
Six magasins sont actuellement maintenus et donc exclus de la liquidation en cours. Un plan de restructuration doit être soumis d’ici une semaine, faute de quoi, ils seront fermés à leur tour.
Dans un contexte économique et politique incertain, quel avenir pour le commerce de détail au Canada?